LES PRESIDENTS DE LA 3ème REPUBLIQUE

1870 - 1940

En 14 tableaux très courts, revivons les grands acquis sociaux de cette République : école gratuite (1881) laïque et obligatoire (1882) (lois de Jules Ferry), la liberté de réunion (1881), celle de la presse (1881), la liberté syndicale (1884) (ministre Waldeck-Rousseau), et les lois sur les associations (1901), puis de séparation des Eglises et de l'Etat (1905).

Mais aussi les graves crises politiques qui la traversèrent dans une instabilité ministérielle : armistice avec la Prusse (1871) entraînant la perte de l'Alsace-Moselle, insurrection de la commune de Paris (1871), affaire Boulanger (1886-1889), scandale de Panama, nombreux attentats anarchistes (1892-1894) dont un causant l'assassinat du président Sadi-Carnot en 1894, affaire Dreyfus (1894-1906), affrontements des inventaires religieux (1905), première guerre mondiale (1914-1918), montée des extrémismes (1934), victoire du front populaire (1936) qui octroie les congés payés et la semaine de 40 heures, et amène hélas à la Seconde Guerre mondiale.

En 1940, la IIIe République s'effondre, laissant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et au régime de Vichy, sous l'occupation allemande.

Adolphe Thiers (1871-1873)

Il représente l'ordre bourgeois, opportuniste ayant servi plusieurs gouvernements, il réprime la révolte des canuts lyonnais. Elu président, il négocie la paix avec Bismarck, puis il écrase militairement la commune insurrectionnelle de Paris. Ses idées trop réactionnaires amènent sa démission contrainte.

Une phrase restée célèbre : Faisons la République, la République honnête, sage, et conservatrice.

Patrice de Mac Mahon 

(1873-1879)

Légitimiste aux idées royalistes. 
Sous Napoléon III, militaire, maréchal de France, guerre de Crimée, campagne d'Italie, gouverneur de l'Algérie. Sous Thiers, il écrase la Commune.
La crise constitutionnelle de 1879 le contraint à démissionner.

Une phrase célèbre, lors des inondations de la Garonne en 1875 : Que d'eau, que d'eau ! 

Jules Grévy (1879-1887)

Avocat de formation, il crée la constitution parlementaire, donnant la prépondérance aux assemblées face à l'exécutif, toujours en place aujourd'hui. 
Il est le président des lois majeures : liberté de réunion, de la presse, de syndicats, et des lois scolaires.
Il doit démissionner en 1887 (scandale des décorations).

Une phrase célèbre : Je n'entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels.

Sadi-Carnot 1887-1894

Ingénieur des Ponts et Chaussées, député, ce républicain modéré voit son mandat marqué par l'agitation boulangiste, des attentats anarchistes, le scandale de Panama.
Il s'associe aussi au centenaire de la Révolution française  et l'Exposition universelle (1889)
Il est assassiné à Lyon par un anarchiste.

Phrase célèbre prononcée par Clémenceau : Votons pour Carnot. C'est le plus bête, mais il porte un nom républicain.

Jean Casimir Perier (1894-1895)

Président du Conseil puis Président de la Chambre des députés, son mandat connaît le début de l'affaire Dreyfus. 
De sérieuses tensions politiques amènent sa rapide démission.

Une phrase célèbre : Au-dedans l'ordre, sans sacrifice pour la liberté ; au-dehors la paix, sans qu'il en coûte rien à l'honneur.

Félix Faure (1895-1899)

Négociant en cuirs, député républicain modéré, ministre.
Il s'oppose fermement à la révision du procès Dreyfus. D'où le J'accuse de Zola.
Il renforce l'alliance Franco-Russe.
Il colonise Madagascar.
Il meurt à l'Elysée dans les bras de sa maîtresse, d'où la célèbre phrase de Georges Clémenceau "il voulait être César et ne fut que pompé"

Emile Loubet (1899-1906)

Avocat, député, sénateur, ministre, il va comme président régler l'Affaire Dreyfus (1896) puis assumer l'affaire des casseroles (1904) et promulguer la loi de Séparation de l'Etat et des Eglises (1905).

Phrase célèbre lors d'un coup de canne reçué sur son chapeau : je n'ai aucun mal pourtant c'est une leçon.

Armand Fallières (1906-1913)

député maire de Nérac, sénateur, surnommé pour sa bonhommie le Père Fallières, il est opposé à la peine de mort et graciera systématiquement pendant son mandat. Il signe la réhabilitation de Dreyfus.
Il promulgue le secret du vote par isoloir (1912) et il oeuvre à la Triple Entente (Royaume-Uni, Russie) .
A la fin de son mandat, il ne se représente pas.

Phrase célèbre : la place est bonne mais il n'y a pas d'avancement.

Raymond Poincaré (1913-1920)

Avocat, député, 3 fois président du Conseil (premier ministre), il est un homme attaché aux institutions. Elu dans les tensions d'avant-guerre, il appelle à l'union sacrée (tous les partis politiques et la religion). En 1917, il nomme son rival Clémenceau à la présidence du Conseil. 

Après son mandat, rappelé au gouvernement, il fait occuper la Ruhr en dédommagement de guerre (1923) puis il crée le Franc Poincaré (1926). 

Malade, il se retire de la vie politique en 1929.

Phrase célèbre : il n'est possible à un peuple d'être efficacement pacifique qu'à condition d'être prêt à la guerre (1913).

Paul Deschanel (1920-1920)

Homme de lettres, député, deux fois président de la Chambre, partisan de l'abolition de la peine de mort et pour la justice sociale.

Il ne gouvernera que sept mois à cause d'un incident lié à un burn-out : en pleine nuit, en pyjama, il tombe du train présidentiel.

Phrase célèbre : Les réformes sociales coûtent cher. Pour les accomplir, il faut que le pays soit riche ; et la prospérité nationale ne sera possible que dans la paix sociale.

Alexandre Millerand (1920-1924)

Avocat, journaliste, député PS, il défend la réduction du temps de travail, les retraites, la compensation des accidents du travail.
Durant la guerre, il bascule vers la droite nationale.
Président en 1920, il milite pour le renforcement de l'Exécutif au détriment du Parlement. La victoire législative du "Cartel des Gauches" l'oblige à démissionner en 1924.


Phrase célèbre prononcée en 1914 : Taisez-vous ! Méfiez-vous ! Les oreilles ennemies vous écoutent.

Gaston Doumergue (1924-1931)

Deux fois premier ministre puis élu, "Gastounet" inaugure les J.O. de Paris (1924) et la Grande Mosquée (1926). Il demande à Poincaré de stabiliser le Franc et, face à la montée des nationalismes, prône un gouvernement d'union nationale. 


Phrase célèbre : Respectueux de la Constitution dont je dois être le gardien, je resterai toujours dans le rôle qu'elle m'assigne. Ce rôle exige que je sois au-dessus des partis, afin d'être un arbitre impartial et indiscuté.

Paul Doumer (1931-1932)

Fils de cheminot, ouvrier puis, grâce aux cours du soir, licencié en maths et en droit, il sera député, sénateur, ministre, président tour à tour des deux chambres, et gouverneur de l'Indochine. 
Elu président, cet homme discret prône un renforcement militaire de la France.
Il meurt assassiné par un déséquilibré russe lors de la visite d'une expo littéraire.

Phrase célèbre : Le caractère contribue à la prospérité et au bonheur bien autrement que ne le peuvent l'intelligence et la fortune.

Albert Lebrun (1932-1940)

Major de Polytechnique et de l'Ecole des Mines, député, 4 fois ministre, président du Sénat, sa présidence connaît une grande instabilité : il voit la Grande Dépression, l'Affaire Stavisky, les émeutes de 1934. 

Il nomme Léon Blum à la tête du Front Populaire en 1936.

Réélu en 1939, il assiste impuissant à la déclaration de guerre contre l'Allemagne. Il va ensuite devoir se résoudre à nommer Pétain Président du Conseil en 1940. 

Phrase célèbre de de Gaulle : Comme chef d'État, deux choses lui avaient manqué : un, qu'il fût un chef, et, deux, qu'il y eût un État.

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